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Aug 30, 2015

Pétrole: l’Equateur, premier pays de l'OPEP à pomper à perte

L’impact de la chute des prix du pétrole s'est avéré plus grave que prévu, et certains pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) sont même contraints de pomper à perte. Ils appellent à la tenue d’une réunion extraordinaire du cartel.

L’Equateur est devenu le premier pays du cartel pétrolier à révéler qu’il était en train de pomper à perte, le pétrole équatorien se négociant à moins de 30 dollars le baril, tandis que les coûts de production moyens tournent autour de 39 dollars, rapportent les médias internationaux.

"Mon pays est en train de pomper à perte (…) Nous traversons une année extrêmement difficile et cette difficulté se poursuivra l’année prochaine, à cause de l’effondrement des prix du brut ", a reconnu devant les journalistes le président de l’Equateur Rafael Correa.

En 2014, le pétrole représentait 43% du PIB de l'Equateur, deuxième plus petit producteur de l'OPEP. Souffrant de la chute des prix de pétrole, les pays les plus vulnérables ont multiplié leurs appels à la tenue d’une réunion urgente du cartel.

Le Venezuela a plaidé en faveur d'une réunion "spéciale" du cartel avec la participation des pays non membres de l'OPEP, la Russie en l’occurrence. L’Algérie et la Libye, qui ont besoin d’un baril à 120 dollars pour équilibrer leurs budgets, sollicitent également la tenue en urgence d’une réunion de l’OPEP.

Quoi qu'il en soit, l’Arabie Saoudite, plus grand producteur de pétrole de l’OPEP, qui a elle-même besoin d’un baril entre 100 et 120 dollars pour équilibrer son budget, reste de marbre et ne réagit toujours pas à ces multiples appels.

Selon le haut responsable de Hillhouse Resources, Ed Hirs, Riyad se trouve toutefois dans une situation embarrassante, ses réserves de change s'épuisent rapidement.

Source : SputnikNews

May 28, 2015

Pétrole: la Russie aidera le Venezuela à doubler sa production

Delcy Rodríguez
Le groupe pétrolier russe Rosneft investira 14 milliards de dollars dans l'économie vénézuélienne.
 
Le président vénézuélien Nicolas Maduro et le PDG du groupe Rosneft Igor Setchine, en visite dans le pays, ont conclu un accord sur le développement de la coopération russo-vénézuélienne dans le domaine de l'énergie.

"Nous avons eu une rencontre fructueuse qui nous a permis de conclure un accord d'investissements d'un montant de 14 milliards de dollars", a annoncé M.Maduro intervenant à la télévision nationale.
 
Le chef d'Etat vénézuélien a également espéré que ce montant permettrait de doubler la production de pétrole du Venezuela.  

Le ministère vénézuélien du Pétrole, la compagnie pétrolière publique Petroleos de Venezuela SA (PDVSA) et Rosneft se sont abstenus de tout commentaire à ce sujet. Sur son compte Twitter, le groupe PDVSA indique qu'il s'agit de projets d'exploration dans le bassin de l'Orénoque, riche en sables bitumineux. Le groupe évoque également la mise en place de nouvelles entreprises conjointes et souligne l'importance des relations russo-vénézuéliennes.
 
En novembre 2014, Rosneft a conclu un accord avec PDVSA dans le cadre duquel le groupe russe s'engageait à acheter 1,6 millions de tonnes de pétrole et 9 millions de tonnes de produits pétroliers vénézuéliens au cours des cinq prochaines années.  

Rosneft participe au total à cinq projets pétroliers conjoints, dont Carabobo-2, Junín-6, Petromonagas, Boquerón et Petroperija. 
 
Dollar

Cette année, la Russie et le Venezuela fêteront le 70e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Selon le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, le partenariat Moscou — Caracas revêt un caractère stratégique. Moscou soutient la politique étrangère vénézuélienne.

Au cours d'une récente réunion de la commission intergouvernementale russo-vénézuélienne, le vice-premier ministre russe Dmitri Rogozine a promis de promouvoir, en commun avec Caracas, "le respect du choix souverain des pays et le système multipolaire du monde contemporain".

Source : SputnikNews
 

May 21, 2015

Canal du Nicaragua: vers la fin du monopole américain de Panama?

La construction du nouveau canal reliant les océans Atlantique et Pacifique risque de priver les Etats-Unis de leur monopole dans la région, en donnant carte blanche aux pays émergents. L'ambitieux projet de construction du canal du Nicaragua, censé constituer une alternative au canal de Panama, franchit une nouvelle étape. L'étude de faisabilité du projet et un rapport d'experts relatif à son impact socio-économique et environnemental, que les investisseurs et les parties prenantes attendent depuis un moment, seront rendus publics en mai, a annoncé le représentant commercial de la Russie au Nicaragua Petr Pankratov.  

L'idée de construire une voie alternative reliant l'Atlantique et le Pacifique au Nicaragua existe depuis plusieurs années. Mais sa réalisation est devenue possible sous  la présidence de Daniel Ortega, au pouvoir depuis  2007, qui a réussi à attirer les investissements dans le pays.  En 2012, l'Assemblée nationale du Nicaragua a adopté le projet de la construction du Grand canal interocéanique du Nicaragua. Ce n'est qu'en décembre 2014 que sa mise en œuvre a finalement été lancée.

Le canal aura une longueur d'environ 280 km et coûtera 50 milliards de dollars. Sa construction, confiée à l'entreprise chinoise HK Nicaragua Canal Development Investment (HKND), devrait être terminée vers 2019.

 
Outre la construction du canal, le projet comprend la construction de l'infrastructure nécessaire, d'un aéroport international, des ports et d'un oléoduc. Les autorités du pays y placent de grands espoirs. Selon le fils du président nicaraguayen Laureano Ortega, la réalisation du projet contribuera à redresser l'économie du pays via la création de nouveaux emplois, la mise en place d'une zone de libre-échange, le développement d'un réseau de transports et l'attrait des investissements étrangers.

"Notre objectif est d'utiliser les possibilités du canal au profit de notre pays, il ne s'agit surtout pas de transformer le Nicaragua en annexe du canal", a indiqué M.Ortega dans l'interview accordée à la chaîne de télévision russe REN-TV le 19 mai dernier.
 

La Russie aidera le Nicaragua à évaluer les réserves de minéraux
Si le projet est réalisé, le Nicaragua deviendra un Etat de transit numéro un dans la région, puisque les capacités du nouveau canal dépasseront largement celles du canal de Panama.  

"C'est un projet d'une grande envergure, qui peut changer le commerce international et apporter les bénéfices économiques et sociaux non-négligeables au Nicaragua, à ses voisins et à l'ensemble de l'Amérique latine", a déclaré le porte-parole de HKND Ronald MacLean-Abaroa.

Les Etats-Unis, anciens propriétaires du canal de Panama, ont toujours une grande influence dans la région. La perte du monopole sur le commerce dans la zone leur porterait un coup géopolitique dur. En plus, la montée en puissance de la Chine, qui pourrait importer du pétrole et d'autres matières premières plus facilement via le nouveau canal, est un scénario indésirable pour Washington.

Les Etats-Unis cherchent à entraver la mise en œuvre du projet. L'ambassade américaine à Managua a déjà exigé que les autorités nicaraguayennes dévoilent les résultats d'un suivi écologique et des appels d'offres. Selon les Etats-Unis, la construction du canal pourrait provoquer une catastrophe écologique. Pourtant, en dépit des tentatives de l'Amérique du Nord de sauvegarder son hégémonie, il devient de plus en plus évident que l'époque du monde unipolaire est révolue.

Source: SputnikNews

May 17, 2015

Guatemala: Manifestation pour réclamer la démission du président Otto Perez Molina

Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de la capitale du Guatemala, samedi, pour dénoncer la corruption du gouvernement et réclamer l'emprisonnement des coupables, ainsi que la démission du président Otto Perez Molina.

La marche avait été organisée sur les réseaux sociaux sans tête dirigeante, bien que le mouvement ait reçu l'appui de plusieurs intervenants des secteurs financier, religieux et de l'éducation, notamment.

L'homme d'affaires Geovanni Vasquez a indiqué qu'il s'était joint aux manifestants parce qu'il se sent «indigné» par la corruption des représentants du gouvernement.

L'administration de M. Molina a été ébranlée par un nouveau scandale, récemment. Les procureurs avancent que certaines personnes auraient versé des millions de dollars en pots-de-vin à certains fonctionnaires pour éviter de débourser les frais de douane liés à des importations.

La vice-présidente Roxana Baldetti a d'ailleurs dû remettre sa démission la semaine dernière parce que sa secrétaire privée a été identifiée par les autorités comme la principale instigatrice présumée de ce stratagème.

Mme Baldetti n'a pas été accusée formellement et a nié toute implication dans le système.

Elle a été remplacée par un autre vice-président, mais Alejandro Maldonado Aguirre ne restera pas longtemps en poste puisqu'une élection présidentielle est prévue plus tard cette année au Guatemala.
 
Source : LaPresse

May 8, 2015

La Russie pourrait relancer sa base militaire à Cuba

Le Parlement russe n'exclut pas la possibilité que la Russie réanime sa coopération militaire et technique avec Cuba, ainsi que son centre de renseignement électromagnétique à Lourdes en banlieue de la Havane, abandonné en 2002.

"Dans le contexte géopolitique actuel de pression américaine et des sanctions antirusses, la coopération avec la République de Cuba permettra de rétablir les relations qui existaient entre nos deux pays avant le milieu des années 1980 et l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev, qui s'est mis à réduire ce partenariat", explique Dmitri Gorovtsov, vice-président du comité pour la sécurité à la Douma (chambre basse du Parlement russe).

"A mon avis, nous pourrions bientôt rétablir la station radar de Lourdes, utilisée par l'URSS et ensuite par la Russie. Nous étions très proches de cette station mercredi dernier, lors de la cérémonie de dépôt de gerbes consacrée à nos combattants-internationalistes, morts à Cuba en accomplissant leur devoir militaire", souligne-t-il, avant d'ajouter qu'il considère ce centre comme un joyau de l'arsenal militaire russe.

La station de Lourdes était le centre principal de renseignement électromagnétique soviétique et russe à l'étranger. Sa construction achevée en 1967, la base est restée en service jusqu'à 2002. A l'époque de la Guerre froide le centre jouait un rôle primordial dans le domaine du renseignement.

Le bail de cette base militaire coûtait 90 millions de dollars en 1992 et 200 millions de dollars de 1996 à 2000. Le paiement s'effectuait en fournitures de bois, de produits pétroliers et de matériel militaire. Cuba avait également accès à toutes les informations obtenues relatives à sa sécurité. Le maintien du contingent russe — jusqu'à 1 500 personnes — exigeait encore 100 millions de dollars annuels.

Les années 1990 ont remis en cause la nécessité des bases militaires russes à l'étranger. Les difficultés économiques consécutives à la crise de 1998, la croissance faible des années 2000-2001 et les exigences du gouvernement américain ont poussé les autorités russes à fermer la base, le retrait des militaires s'étant achevé en 2002.

"Cuba est pratiquement le pivot de l'Amérique du Nord et du Sud. Ainsi, d'un point de vue stratégique, la présence d'une base militaire russe sous telle ou telle forme est dans les intérêts de la sécurité nationale de la Russie et de Cuba, estime Igor Korotchenko", membre du Conseil social auprès du ministère russe de la Défense.

"La coopération militaire et technique, ou militaire et politique avec Cuba est tout à fait possible. Je peux le confirmer en tant que participant aux négociations avec les Cubains. Mais il me semble contre-productif de se baigner deux fois dans la même rivière. Le monde et sa configuration ne cessent de changer, et je doute donc qu'il nous faille nous revenir à la situation des années 1980 à Cuba. En ce qui concerne la présence militaire et technique, les technologies actuelles permettent d'assurer le renseignement électromagnétique par des moyens plus efficaces par rapport à la présence d'une station radar", assure Andreï Klimov, vice-président du comité pour les affaires internationales au Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe).


Source : SputnikNews



Apr 21, 2015

Le Salvador bannit le Roundup de Monsanto et connaît des récoltes records

Le Salvador a tourné le dos aux semences OGM et aux produits phytosanitaires pour favoriser la culture de graines locales par des méthodes naturelles. Depuis, le système agricole du pays gagne en durabilité et en productivité.

En septembre 2013, le Salvador votait l’interdiction de 53 produits phytosanitaires à usage agricole. Parmi eux, ce grand pays producteur de café, coton, maïs et canne à sucre retirait du marché le Roundup (glyphosate), désherbant vedette de Monsanto, récemment classé “cancérogène probable” par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Pour protéger le patrimoine semencier salvadorien et pérenniser la production agricole, le gouvernement de l’ancien président Mauricio Funes lançait en 2011 le Plan pour l’agriculture familiale (FAP). À destination de 390 000 familles d’exploitants, ce plan visait à revaloriser les semences locales et émanciper les petits producteurs des industriels des biotechnologies et de leurs OGM.

En crise, le système agricole était majoritairement dépendants des semences hybrides commercialisées Monsanto, Pioneer et consort. Avant la mise en œuvre du FAP, 75 % du maïs et 85 % des haricots étaient importés selon le site d’information The Seattle Globalist Et les plantes cultivées sur le territoire étaient majoritairement issues de graines OGM stériles, non adaptées aux territoires et à leurs particularités, forçant le recours aux intrants chimiques.

En mettant l’accent sur les semences locales et non-OGM, le Salvador s'est détourné des vastes monocultures pour revenir à des exploitations plus petites, et gérées de manière raisonnée.

Le FAP permet une agriculture plus fiable qui garantit une production continue, contrairement aux graines hybrides non reproduisibles qui nécessitent d’être rachetées chaque année auprès des entreprises semencières.

Plus adaptées aux caractéristiques du pays tel que la sécheresse, les plantes locales sont naturellement plus résistantes. Elles nécessitent moins d’eau, et moins - pour ne pas dire plus du tout - de pesticides.

Selon le site Natural Society, l’agriculture du Salvador serait en pleine expansion. Le pays afficherait des récoltes records depuis qu’il a banni les phytosanitaires et est revenu à des modes de culture plus naturels.

Source : Bioalaune

Apr 11, 2015

Obama: "Le temps des ingérences des Etats-Unis en Amérique latine est révolu"

Barack Obama promet de ne plus s'ingérer dans les affaires intérieures des pays d'Amérique latine.

Le temps où les Etats-Unis s'ingéraient dans les affaires intérieures des pays d'Amérique latine est révolu, a assuré le président américain Barack Obama lors du septième Sommet des Amériques qui s'est ouvert vendredi à Panama.

"Les jours où nos projets dans cet hémisphère partaient du principe que les Etats-Unis pouvaient interférer librement sont révolus", a déclaré le locataire de la Maison Blanche vendredi, à la veille d'une rencontre avec son homologue cubain Raul Castro.

Le rapprochement historique entre Washington et La Havane domine manifestement l'ordre du jour de cette réunion des chefs d'Etat et de gouvernement du continent américain. L'Amérique latine est unanime à saluer la politique initiée par le président des Etats-Unis pour normaliser les relations avec Cuba, mais dénonce tout aussi unanimement les sanctions infligées le mois dernier par Washington au Venezuela.

Source : SputnikNews 


Mar 24, 2015

Londres renforce son dispositif militaire dans les îles Falkland/Malouine

L’Argentine fait-elle peser une menace sur l’archipel des Falkland/Malouines? Pour cela, encore faudrait-il qu’elle en ait les moyens militaires. Et, au vu, par exemple, de l’état de son aviation de combat, on peut nourrir quelques doutes, même si des discussions sont en cours pour acquérir une vingtaine d’appareils Chengdu FC-1 (l’équivalent chinois du JF-17 Thunder pakistanais), avec une possible coopération industrielle à la clé. Mais pour le moment, rien n’est signé.

En tout cas, le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, a annoncé un plan de 245 millions d’euros visant à renforcer le dispositif militaire présent dans les îles Falkland (ou Malouines pour Buenos Aires), lesquels firent l’objet d’une guerre, en 1982, entre le Royaume-Uni et l’Argentine, qui en revendique la souveraineté.

Dans le détail, il est question d’y déployer deux hélicoptères lourd de transport CH-47 Chinook et de moderniser le système de défense anti-aérienne, avec l’installation de nouvelles batteries sol-air. A priori, ce renforcement se fera à effectifs constants. Actuellement, 4 avions Eurofighter Typhoon et 1.200 militaires britanniques sont affectés dans l’archipel, qui compte seulement 3.000 habitants (civils) et 500.000 moutons.

« Nous avons besoin de moderniser notre dispositif de défense sur place pour faire en sorte qu’il y ait suffisamment de troupes et que l’archipel soit correctement pourvu en termes de défenses aérienne et maritime », a fair valoir Michael Fallon. « Tout ceci ne serait pas nécessaire sans les intimidations incessantes du gouvernement argentin », a-t-il ajouté, lors d’une intervention devant la Chambre des Communes.

Plus tôt, le ministre britannique avait évoqué les « revendications argentines » sur les Falkland/Malouines et expliqué qu’il fallait « prendre en compte toute menace future et possible contre ces îles ». Et d’insister : « C’est une menace très concrète, nous devons y répondre »

La dispute entre Londres et Buenos Aires au sujet de cet archipel a repris de la vigueur, il y a quelques temps, avec la découverte d’indices y suggérant la présence de pétrole et de gaz de bonne qualité. En 2008, la British Geological Survey (BGS), avait estimé les réserves d’hydrocarbures à 350 millions de barils. Et depuis, d’autres sites sont en cours d’exploration.

En 2013, histoire de clore le chapitre sur l’appartenance des Falkland/Malouines alors que Buenos Aires venait d’engager plusieurs procédures judiciaires, le Royaume-Uni organisa un référendum d’autodétermination. Le résultat fut sans appel : seulement 3 îliens exprimèrent leur refus de la tutelle britannique. De quoi se sentir bien seuls.


Source : AlterInfo


Mar 15, 2015

Banque mondiale : Cuba est le pays au monde qui investit le plus dans l’éducation

Selon l’institution internationale, aucun pays, y compris les plus riches, ne dédie une part aussi élevée de son budget national à l’éducation que Cuba. Les résultats sont exceptionnels.

Cuba est une référence mondiale pour l’éducation. C’est ce que vient de rappeler un rapport de la Banque mondiale qui classe Cuba au premier rang en ce qui concerne l’investissement dans le système éducatif pour la période 2009-2013. Avec près de 13% (12,8%) du PIB investi dans ce secteur, aucun autre pays au monde, y compris les plus développés, n’égale l’île de la Caraïbe, qui a fait de sa politique sociale un modèle pour les nations en voie de développement[1].

Le Timor Oriental et le Danemark complètent le podium mondial, avec respectivement 11,3% et 8,7% du PIB dédiés à l’éducation. En guise de comparaison, les Etats-Unis investissent à peine 5,4%, soit deux fois moins que Cuba, et le Canada 5,5%. En Europe, la France consacre 5,9% de son budget national à l’éducation, l’Allemagne – 5,1%, le Royaume-Uni- 6,2%, l’Italie – 4,5% et l’Espagne – 5%. Pour ce qui est du continent latino-américain, la Bolivie occupe le second rang derrière Cuba avec 7,6%. Le Brésil attribue 5,8% de son PIB à ce secteur alors que le Mexique et l’Argentine lui destinent respectivement 5,2% et 5,8%[2].

Ce n’est pas la première fois que la Banque mondiale fait l’éloge de Cuba dans ce domaine. Dans un autre rapport publié en 2014, l’organisme international rappelle que l’île dispose du meilleur système éducatif d’Amérique latine et de la Caraïbe, la seule ayant « des paramètres élevés, du fort talent académique, des rémunérations élevées ou du moins adéquates et de l’autonomie professionnelle élevée qui caractérisent les systèmes éducatifs les plus efficaces au monde, comme ceux de Finlande, de Singapour, de Shanghai (Chine), de la République de Corée, de la Suisse, des Pays-Bas et du Canada[3] ».

L’éducation – comme la santé, la culture ou le sport – a toujours été une priorité à Cuba et les résultats sont exceptionnels. Avec un taux d’alphabétisation de 99,8%, l’île dispose du taux d’illettrisme le plus bas du continent latino-américain, selon l’UNESCO, qui rappelle également que Cuba a le taux de scolarisation le plus élevé de l’Amérique latine avec 99,7% des enfants disposant d’une éducation gratuite. Un autre rapport de l’UNESCO portant sur l’éducation dans 13 pays d’Amérique latine classe Cuba en tête dans toutes les matières d’enseignement et note qu’un élève cubain dispose en moyenne de deux fois plus de connaissances et de compétences qu’un élève latino-américain[4].

La Banque mondiale, en faisant l’éloge du système éducatif cubain, rappelle d’une certaine manière que les politiques d’austérité et de démantèlement de l’Etat-providence qu’elle préconise sont en réalité préjudiciables à l’intérêt général. En faisant de l’éducation nationale une priorité, Cuba démontre aux yeux du monde qu’il est possible d’offrir à tous les citoyens un accès de haut niveau à la connaissance et à la formation. Les ressources limitées inhérentes à une nation du Tiers-monde et les sanctions économiques extrêmement sévères imposées par les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle n’ont pas empêché l’île de la Caraïbe de se doter d’un système éducatif performant, rappelant ainsi que l’humain doit être placé au centre du projet sociétal.


Salim Lamrani

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

Source : GlobalResearch

Mar 13, 2015

La Russie répond positivement à la demande d'aide du Venezuela, qui veut assurer sa défense militaire.

Le président Obama doit se mordre les doigts d’avoir ouvert toutes grandes les portes à la présence militaire russe en Amérique latine et dans les Antilles. Par son décret, véritable déclaration de guerre contre le Venezuela, il aura incité ce dernier à faire appel aux bons offices de la Russie et de sa technologie militaire pour assurer sa défense.

S’il s’agit pour le Venezuela d’un appui de grande importance, c’est pour la Russie, à n’en pas douter, une opportunité tout à fait inattendue. Une occasion en or pour Poutine de donner la pareille à Washington qui se fait si présent politiquement et militairement en Ukraine, dans les Balkans, la Mer noire et la Méditerranée.

La nouvelle du jour qui va interpeller très fortement les bien-pensants des politiques guerrières étasuniennes est que la Russie et le Venezuela vont se joindre aux manœuvres militaires défensives planifiées pour cette fin de semaine (14 et 15 mars) dans tout le Venezuela. Le ministre de la Défense, Serguéi Shoigu, a accepté l’invitation de son collègue vénézuélien, Vladimir Padrino Lopez, pour que la Russie participe aux exercices militaires des forces de défense antiaérienne et aux manœuvres de tir de lance-roquettes multiple russe BM-30 Smerch. À ceci s’ajoute l’entrée amicale de navires russes dans les ports du Venezuela.

Cette participation de la Russie à la défense du Venezuela contre les menaces d’invasion militaire de la part des États-Unis ne sera pas sans rappeler à Obama sa propre participation militaire en Ukraine et dans la majorité des pays frontaliers à la Russie. Il sera mal placé pour se plaindre du fait qu’un pays ami, la Russie, apporte son soutien à un autre pays ami, le Venezuela, lequel est menacé d’invasion par son pire ennemi, les États-Unis.

Nous ne sommes évidemment plus en 1962, lors de la crise des missiles à Cuba où la menace nucléaire était à 90 kilomètres des frontières étasuniennes.  Au Venezuela, il n’y a pas d’armes nucléaires et les frontières des deux pays sont séparées par des milliers de kilomètres. De plus, l’Amérique latine d’aujourd’hui n’est plus celle des années 1960. De nombreux peuples sont parvenus à vaincre les résistances oligarchiques et impériales pour conquérir démocratiquement les pouvoirs de l’État et les mettre au service du bien commun. De nombreux organismes régionaux se sont développés. Leur présence devient une caution de l’indépendance et d’intégration des peuples de l’Amérique latine. C’est le cas, entre autres, d’UNASUR, de MERCOSUR, de l’ALBA, de CELAC.

De toute évidence, l’Oncle SAM s’acharne à ne pas reconnaître ces changements et continue de vivre comme si l’Amérique latine était toujours sa Cour arrière dont il peut disposer à volonté. Tôt ou tard, il faudra qu’il change son attitude et ses politiques. Ce ne sont plus ces peuples qui doivent changer leurs politiques et leur régime de gouvernance, mais c’est plutôt lui qui doit procéder à ce changement. Ce sont maintenant les peuples qui lui tordent le bras pour qu’il change ses vieilles habitudes impériales en celles de partenaire respectueux et respectable.

Source : Centpapiers

Mar 5, 2015

La Colombie négocie un cessez-le-feu avec les FARC

Cinq généraux, un amiral et deux chefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche) assis face à face : la sous-commission pour la fin du conflit armé colombien se réunissait pour la première fois, jeudi 5 mars, à La Havane. Elle a pour premier objectif la signature d’un cessez-le-feu bilatéral et définitif. C’est l’instruction donnée par le président colombien, Juan Manuel Santos (centre droit).

Chargée de faire des propositions, la sous-commission a un rôle technique sans pouvoir de décision. Celui-ci appartient aux négociateurs du gouvernement et de la guérilla, qui tentent, depuis plus de deux ans, de trouver un accord de paix pour mettre fin à un conflit intérieur vieux d’un demi-siècle. Les pourparlers se tiennent à Cuba. Analystes et observateurs considèrent que l’arrivée des généraux constitue un pas décisif : « La parole est aux guerriers et c’est bon signe », résume Leon Valencia, le directeur de la Fondation paix et réconciliation.

M. Santos, qui a fait de la paix négociée une priorité absolue, a changé son fusil d’épaule, ou du moins sa stratégie. Le chef de l’Etat s’était jusqu’à présent opposé à un éventuel cessez-le-feu avant la signature d’un accord de paix définitif. Il jugeait nécessaire de maintenir la pression militaire sur la guérilla pour la contraindre à négocier et éviter qu’elle profite de la main tendue par le gouvernement pour se refaire une santé sur le terrain. En décembre 2014, les FARC avaient décrété, pour la première fois de leur histoire, un « cessez-le-feu unilatéral indéfini »


Source : LeMonde

Mar 4, 2015

L'Argentine a bien compris qu'elle a échappé de justesse à un putsch "orange" - rebonidssement de l'affaire Nisman

Le juge Rafecas, de la cour Suprême, a examiné le dossier que le procureur Nisman devait présenter aux députés, pour accuser la présidente de collusion avec l'Iran, et il n'a RIEN trouvé qui permette de l'incriminer.

400 000 personnes ont pris part dimanche à une manifestation de soutien à Cristina Kirchner. La veille, elle avait promis de nationaliser les systèmes de gestion des chemins de fer et soutenu la coopération avec la Russie et la Chine.
Une manifestation de soutien à la présidente argentine Cristina Kirchner a réuni des centaines de milliers de personnes. Les partisans du chef de l’Etat argentin ont rempli toute l’avenue de Mai qui relie le parlement au palais présidentiel.

Des milliers de personnes agitaient des drapeaux et des pancartes avec des slogans tels que «Nous sommes tous pour Cristina», «Yankees, n’essayez même pas» ou «On ne peut pas nous détourner de notre droit chemin».

Les manifestants ont écouté un discours de la présidente d’une durée record de quatre heures. La présidente a parlé non seulement des succès économiques du pays, mais aussi du pouvoir judiciaire qui, selon elle, est sorti du cadre de la constitution. Cristina Kirchner a encore fait part de son point de vue sur la politique étrangère du pays.

En intervenant à l’ouverture d’une session parlementaire régulière, Cristina Kirchner a déclaré que l’Argentine s’intéressait au renforcement de la coopération avec la Russie et la Chine, lorsque cela correspondait aux intérêts du pays et contribuait à son développement économique. Elle a exhorté les hommes politiques à être créatifs en soulignant que le monde pourrait bientôt changer complètement. «Dans cinq ans, le monde aura changé et la Chine sera la plus grande puissance économique de la planète», a encore déclaré la présidente.

En outre, Cristina Kirchner a assuré que l’Argentine s’intéressait à la coopération avec la Russie, en particulier pour la construction d’une nouvelle centrale nucléaire qui allait fonctionner à l’eau légère. Dans les mois à venir, l’appel d’offres pour la réalisation de ce projet sera lancé et l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique Rosatom a prévu d’y participer.


Source : AlterInfo

Mar 2, 2015

Renforcement du pouvoir citoyen et des droits sociaux, sanctions envers les États-Unis : le Venezuela répond à la tentative de coup d’État

Alors qu’en 1973 il restait des médias occidentaux pour s’émouvoir du coup d’État perpétré au Chili, ceux d’aujourd’hui scandent à l’unisson : “Président du Venezuela, laisse-toi te renverser ! C’est pour ton bien ! Renonce à défendre le choix des électeurs ! Renonce à la loi, à la Constitution. Si tu arrêtes un putschiste, nous dénoncerons la répression au Venezuela !”. Le bulldozer des news, déjà bien rodé pour créer le personnage Chavez, a été réactivé pour fabriquer le tyran Maduro qui agite au loin un poing brutal pour mieux écraser des foules fanatisées alors que la voix feutrée de l’opposition de droite ou du porte-parole de la Maison Blanche, de face, en plan proche, s’étonne de tant de violence.

Même lors du coup d’État manqué contre Chavez en 2002, jamais on n’avait observé une telle intensité dans le bombardement médiatique pour nous faire accepter la nécessité d’une intervention extérieure, ou d’un coup d’État, sans attendre les élections.

C’est sans doute l’erreur historique, et suicidaire, de la gauche européenne : ne pas avoir démocratisé la propriété des médias, avoir laissé le service public mimétiser “l’information” des grands groupes privés (1). Qu’arriverait-il au journaliste d’un grand média qui parlerait des 40.000 conseils communaux et de conseils du pouvoir citoyen qui apportent la matière grise de nombre de décisions gouvernementales au Venezuela ?

Et le Maduro réel ? Celui que n’isolent pas les téléobjectifs de l’AFP et de Reuters ?
consejo-presidencial-para-personas-con-discapacidadLe jeudi 26 février, lors de la création du nouveau Conseil des personnes handicapées et des personnes âgées (2), il a approuvé les crédits pour octroyer 300 mille pensions de plus, ce qui élève les bénéficiaires de ce droit à trois millions de citoyen(ne)s. Il a confirmé l’octroi de 10.000 allocations de santé pour mieux protéger les personnes âgées. Il a félicité les employés de la nouvelle mission sociale “Foyers de la patrie” qui a visité en une fin de semaine 200 communautés populaires, soit 25 mille familles : “Cette méthodologie nous permet d’arriver directement jusqu’aux familles en évitant les mafias des intermédiaires”.
Avant d’entamer à travers le territoire un nouveau cycle de “gouvernement de rue” (3) Maduro a rappelé l’idée centrale de sa politique : malgré la guerre économique (4) et la chute des prix du pétrole, pas d’austérité mais l’approfondissement d’un État social et participatif. “Comme le dit le maire Rodriguez, on nous agresse parce que nous sommes un gouvernement des pauvres. Il n’y a que dans le socialisme que les ressources sont administrées en fonction de celui ou celle qui en a besoin”. Pendant cette assemblée un gros dossier arrive aux mains de Maduro. Anibal, affecté d’une incapacité de l’ouïe, un des porte-paroles du nouveau conseil national, prend la parole en langage de signes : “Nous sommes 120 porte-paroles venus des 24 états du pays, nous avons travaillé ensemble sur ces propositions”. “C’est pour cela que j’ai créé les conseils de gouvernement populaire, pour que le peuple prenne le pouvoir, pour qu’il assume le pouvoir politique, pour qu’il se convertisse en peuple président” lui répond Maduro. (5)

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Le samedi 28 février lors d’une mobilisation populaire contre l’ingérence des États-Unis (photos), le président a poursuivi : “The Wall Street Journal a écrit récemment que l’heure est venue de m’appeler tyran, je réponds : je serais un tyran parce que je ne me laisse pas renverser ? Et si je me laisse renverser, je serais un démocrate ? Le peuple devrait permettre que s’installe un «gouvernement de transition», éliminant la Constitution ? Je ne le permettrai pas et s’il le fallait je me battrai dans la rue avec notre peuple et nos forces armées. Nous voulons construire la paix, la stabilité la coexistence, la vie en commun. Que ferait le président Obama si un coup d’État était organisé contre son gouvernement ? Celui qui persiste dans ses activités terroristes, putschistes, celui qui agit hors de la Constitution, sera arrêté pour être jugé même si The Wall Street Journal ou le New York Times m’appellent le tyran, ce n‘est pas la tyrannie, non, c’est tout simplement la loi. »

Durant cette marche qui a parcouru les rues de Caracas, Maduro a signé un décret indemnisant 74 familles de victimes du “Caracazo” (6) : en 1989, après deux jours d’émeutes populaires qui suivirent l’application des mesures néo-libérales exigées par le FMI, le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez avait suspendu les garanties constitutionnelles et avait envoyé l’armée “rétablir l’ordre”. En 72 heures, 2000 à 3000 personnes furent assassinées.

Maduro a rappelé que cette même austérité de choc fait partie du programme que la droite vénézuélienne avait prévu d’appliquer en cas de succès du coup d’État le 12 février 2015 (7). Jusqu’à l’élection de Hugo Chavez, aucun gouvernement n’avait accepté de reconnaître les fosses communes, les disparitions, et les tortures. Les 74 indemnisations décrétées par Maduro s’ajoutent aux 596 accordées à d’autres familles par le gouvernement bolivarien.

Dimanche 1 mars 2015. Le président Maduro rend hommage aux victimes du massacre du "Caracazo" du 27 février 1989.

Dimanche 1 mars 2015. Le président Maduro rend hommage aux victimes du massacre du « Caracazo » du 27 février 1989.

Par ailleurs, le président a annoncé quatre mesures en réponse  aux sanctions imposées par les États-Unis en violation du Droit international et dénoncées par l’ensemble des pays latino-américains (8), ainsi qu’aux 168 déclarations officielles émises par l’administration Obama contre le gouvernement bolivarien de 2014 à 2015 :

–          L’entrée du territoire vénézuélien est interdite aux fonctionnaires étasuniens complices d’actes terroristes, de violations de droits de l’homme, de crimes de guerre. Parmi ceux-ci l’ex-président George W. Bush, l’ex-vice-président Dick Cheney; l’ex-directeur de la CIA George Tenet, notamment liés au massacre de centaines de milliers d’irakiens sur la base du mensonge des “armes de destruction massive” et à la création de centres de torture – prisons secrètes en Europe, Abu Ghraib, Guantanamo, etc… «Interdit aussi d’accorder des visas aux citoyens américains qui ont violé les droits humains et ont bombardé des populations civiles « . La décision concerne aussi les congressistes d’extrême droite Bob Menendez, Marco Rubio, Ileana Ross-Lehtinen et Mario Diaz-Balart, proches du réseau terroriste du cubain Posada Carriles qui vit actuellement aux USA sous la protection des autorités.
–          Adéquation du nombre de fonctionnaires de l’Ambassade des États-Unis à Caracas. Le gouvernement étasunien y maintient plus de 100 employés alors que seulement 17 fonctionnaires vénézuéliens sont autorisés à travailler à l’ambassade vénézuélienne à Washington. La chancelière Delcy Rodriguez a rappelé que cette faculté de demander l’équilibre du nombre échoit à tout gouvernement en vertu de la Convention de Vienne.
–          Réciprocité en matière de visas. “Les citoyens vénézuéliens qui voyagent aux États-Unis doivent payer pour obtenir un visa. A présent, pour rétablir l’égalité de traitement, les étasuniens qui nous visitent, devront obtenir un visa et payer ce que paye un Vénézuélien qui voyage aux États-Unis”.
–          Finies, les réunions des fonctionnaires étasuniens pour conspirer sur notre territoire. Les responsables de l’ambassade étasunienne à Caracas ont été informés que dorénavant «toute réunion réalisée par eux au Venezuela devra être notifiée et approuvée par le gouvernement du Venezuela« , conformément aux articles 41 et 41.2 de la Convention de Vienne. Maduro a révélé : « nous avons détecté et capturé certains étasuniens engagés dans des activités secrètes, notamment d’espionnage, essayant de recruter des gens dans les villages frontaliers avec la Colombie et sous influence paramilitaire. Dans l’État du Táchira nous avons capturé un pilote d’avion étasunien d’origine latino-américaine, avec toute sorte de documents. Il est en train de faire des révélations”.

En concluant son discours, Maduro a réaffirmé son respect pour le peuple étasunien ainsi que pour la communauté afro-américaine, hispanique et caraïbe souvent victimes des violations de droits de l’homme de la part de leur propre gouvernement, rappelant que ces mesures ne sont pas prises contre eux, mais contre l’élite qui persiste à s’ériger en policier mondial et à refuser de respecter le principe de souveraineté.

Thierry Deronne
Caracas, 1er mars 2015


Notes :
(1) Cas récent d’une émission d’ARTE : http://vivavenezuela.over-blog.com/2015/02/le-venezuela-cartes-sur-table-l-humanite.html. En Europe le gouvernement Tsipras montre la voie en rouvrant la télévision publique fermée sur injonction de Bruxelles et en réembauchant tous ses salariés pour que la population jouisse d’un “service public démocratique et pluriel”. Toute révolution citoyenne devrait s’accompagner de la création d’un vaste réseau de médias populaires pour que les citoyens disposent réellement d’informations alternatives.
(2) Sur la nature de ces nouvelles instances de pouvoir citoyen, lire « Démocratisation de l’État, hausse des budgets sociaux : Nicolas Maduro met les bouchées doubles« , http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/12/31/democratisation-de-letat-hausse-des-budgets-sociaux-nicolas-maduro-met-les-bouchees-doubles/
(3) Sur le gouvernement de rue, lire « Nous t’écoutons Claudia« ,  http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/05/06/nous-tecoutons-claudia/
(4) « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les files d’attente au Venezuela sans jamais oser le demander« , http://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/07/tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-les-files-dattente-au-venezuela-sans-jamais-oser-le-demander/
(5) Voir le point (2) sur la démocratisation de l’État.
(6) « Comment la plupart des journalistes occidentaux ont cessé d’appuyer la démocratie en Amérique Latine », http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/16/comment-la-plupart-des-journalistes-occidentaux-ont-cesse-dappuyer-la-democratie-en-amerique-latine/
(7) Lire « L’«accord de transition » Machado-Ledezma-Lopez : ce que révèle et ce qu’occulte le programme de la droite vénézuélienne en cas de succès d’un coup d’Etat« , http://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/22/laccord-de-transition-machado-ledezma-lopez-ce-que-revele-et-ce-quocculte-le-programme-de-la-droite-venezuelienne-en-cas-de-succes-dun-coup-detat/
(8) Lire « L’Amérique Latine serre les rangs autour du Vénézuéla : les États-Unis isolés (avec déclaration intégrale du sommet de la CELAC)« , http://venezuelainfos.wordpress.com/2015/02/05/lamerique-latine-serre-les-rangs-autour-du-venezuela-les-etats-unis-isoles-avec-declaration-integrale-du-sommet-de-la-celac/

Feb 26, 2015

Argentine : La plainte pour entrave contre Kirchner est rejetée

Le Secrétariat au renseignement est remplacé par une Agence fédérale de renseignement. - Un juge a rejeté jeudi la plainte pour entrave à la justice déposée contre la présidente argentine, Cristina Kirchner, dans le cadre de l’enquête sur un attentat antisémite à Buenos Aires en 1994 sur laquelle enquêtait le procureur Alberto Nisman décédé dans des circonstances troublantes.

L’accusation avait été déposée devant la justice le 14 janvier par le procureur Nisman qui soupçonnait le pouvoir argentin d’avoir couvert des dirigeants iraniens soupçonnés d’avoir commandité l’attentat conte la mutuelle juive de l’AMIA.

Dans la foulée, le Congrès argentin a entériné une réforme polémique de ses services de renseignement, soupçonnés par le pouvoir d’avoir joué un rôle dans la disparition du procureur, mort le 18 janvier.

Le Secrétariat au renseignement (SI) est remplacé par une Agence fédérale de renseignement (AFI) à l’initiative de la présidente Kirchner, estimant que des éléments incontrôlés au sein des services secrets complotaient contre son gouvernement. Mme Kirchner avait remercié fin 2014 les trois principaux dirigeants du SI et avait ensuite annoncé la dissolution des services secrets quelques jours après la mort du procureur, même si l’enquête sur son décès s’oriente vers un suicide.

Alberto Nisman, retrouvé mort le 18 janvier d’une balle dans la tête dans sa salle de bain, la veille de son témoignage devant le Congrès, allait accuser la présidente et des membres de son gouvernement d’obstruction à la justice dans l’affaire de l’attentat antisémite de l’AMIA de 1994 qui avait fait 85 morts.

Dissolution souhaitée

La refonte des services secrets, soupçonnés d’avoir opéré des écoutes illégales de juges et de personnalités politiques, était également voulue par l’opposition, mais elle a vivement critiqué la décision de dissolution formulée par la présidente, jugeant qu’il s’agissait d’une manœuvre de diversion.

La nouvelle structure, l’AFI, a été placée sous l’autorité d’Oscar Parrilli, un des plus proches conseillers de Mme Kirchner, qui aura le pouvoir de faire le ménage dans les services secrets et de congédier qui bon lui semble. Point sensible, le contrôle des écoutes téléphoniques sera supervisé par la procureure générale argentine, Alejandra Gils Carbo, nommée par le pouvoir politique.

En outre, la loi votée jeudi clarifie que les services de renseignement ne peuvent pas mener d’opérations policières. La réforme prévoit également que les archives des services de renseignement seront déclassées après 15 ans, contre 25 ans jusqu’ici.

Soupçons de fraude

Le SI était accusé d’activités frauduleuses, notamment dans le trafic de drogue et la prostitution.

Outre l’AFI, l’Argentine compte un autre service de renseignement dépendant de l’armée, cantonné à des activités de contre-espionnage.

Selon le Centre d’études légales et sociales (CELS), ONG argentine défendant les droits de la personne, le projet représente « une amélioration significative du fonctionnement actuel du système et une avancée fondamentale pour mettre en œuvre l’indépendance des services de renseignement et ses relations avec le pouvoir judiciaire et politique ».

Approuvée par le Sénat la semaine dernière, la création de l’AFI a été votée jeudi par les députés, la présidente Kirchner disposant de la majorité absolue dans les deux chambres du Parlement.

Source : LeDevoir

Feb 23, 2015

Obama rate son coup d’État au Venezuela

Une nouvelle fois, l’administration Obama a tenté de changer par la force un régime politique qui lui résiste. Le 12 février, un avion d’Academi (ex-Blackwater) maquillé en aéronef de l’armée vénézuélienne devait bombarder le palais présidentiel et tuer le président Nicolas Maduro. Les comploteurs avaient prévu de placer au pouvoir l’ex-députée María Corina Machado et de la faire immédiatement acclamer par d’anciens présidents latino-américains.

Le président Obama avait prévenu. Dans sa nouvelle doctrine de Défense (National Security Strategy), il écrivait : « Nous nous tenons aux côtés des citoyens dont le plein exercice de la démocratie est en danger, tel que les Vénézuéliens ». Or, le Venezuela étant, depuis l’adoption de la constitution de 1999, l’un des États les plus démocratiques au monde, cette phrase laissait présager du pire pour l’empêcher de poursuivre dans sa voie d’indépendance et de redistribution des richesses.

C’était le 6 février 2015. Washington terminait de mettre au point le renversement des institutions démocratiques du Venezuela. Le coup d’État avait été planifié pour le 12 février.

L’« Opération Jéricho » était supervisée par le Conseil national de sécurité (NSC), sous l’autorité de Ricardo Zuñiga. Ce « diplomate » est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane (2009-11) où il recruta des agents et les finança pour former l’opposition à Fidel Castro tout en négociant la reprise des relations diplomatiques avec Cuba (finalement conclue en 2014).

Comme toujours dans ce type d’opération, Washington veille à ne pas paraître impliqué dans les événements qu’il dirige. La CIA agit au travers d’organisations prétendument non-gouvernementales pour organiser les putschistes : la National Endowment for Democracy et ses deux pseudopodes de droite (International Republican Institute) et de gauche (National Democratic Institute), Freddom House, et l’International Center for Non-Profit Law. En outre, les États-Unis sollicitent toujours leurs alliés pour sous-traiter certaines parties du coup, en l’occurrence au moins l’Allemagne (chargée de la protection des ressortissants de l’Otan durant le coup), le Canada (chargé de contrôler l’aéroport international civil de Caracas), Israël (chargé des assassinats de personnalités chavistes) et le Royaume-uni (chargé de la propagande des putschistes). Enfin, ils mobilisent leurs réseaux politiques qui se tiennent prêts à reconnaître les putschistes : à Washington le sénateur Marco Rubio, au Chili l’ancien président Sebastián Piñera, en Colombie les anciens présidents Álvaro Uribe Vélez et Andrés Pastrana, au Mexique les anciens présidents Felipe Calderón et Vicente Fox, en Espagne l’ancien président du gouvernement José María Aznar.
Pour justifier du putsch, la Maison-Blanche avait encouragé de grandes sociétés vénézuéliennes à entreposer plutôt qu’à distribuer des marchandises de première nécessité. L’idée était de provoquer des files d’attente devant des commerces, puis d’infiltrer des agents dans la foule pour provoquer des émeutes. En réalité, s’il y a bien eu des problèmes d’approvisionnement en janvier-février et des queues devant des magasins, jamais les Vénézuéliens n’attaquèrent de commerces.

Pour renforcer son action économique, le président Obama avait signé, le 18 décembre 2014, une loi imposant de nouvelles sanctions contre le Venezuela et plusieurs de ses dirigeants. Officiellement, il s’agissait de sanctionner les personnalités ayant réprimé les protestations estudiantines. En réalité, depuis le début de l’année, Washington payait un salaire —quatre fois supérieur au revenu moyen— à des gangs pour qu’ils attaquent les forces de l’ordre. Les pseudos-étudiants avaient ainsi tué 43 personnes en quelques mois et semaient la terreur dans les rues de la capitale.

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Ancien numéro 2 de l’Isaf en Afghanistan, le général Thomas W. Geary est aujourd’hui chargé du Renseignement au SouthCom.
L’action militaire était supervisée par le général Thomas W. Geary, depuis le SouthCom à Miami, et Rebecca Chavez, depuis le Pentagone, et sous-traitée à l’armée privée Academi (ex-Blackwater) ; une société désormais administrée par l’amiral Bobby R. Inman (ancien patron de la NSA) et John Ashcroft (l’ancien Attorney General de l’administration Bush). Un Super Tucano, immatriculé N314TG, acheté par la firme de Virginie en 2008 pour assassiner Raul Reyes, le n°2 des Farc de Colombie, devait être maquillé en avion de l’armée vénézuélienne. Il devait bombarder le palais présidentiel de Miraflores et d’autres cibles parmi une douzaine pré-déterminée, comprenant le ministère de la Défense, la direction du Renseignement et la chaîne de télévision de l’ALBA, TeleSur. L’avion étant stationné en Colombie, le QG opérationnel de « Jéricho » avait été installé à l’ambassade des États-Unis à Bogota avec la participation de l’ambassadeur Kevin Whitaker et de son adjoint Benjamin Ziff.
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Quelques officiers supérieurs, en active ou à la retraite, avaient enregistré à l’avance un message à la Nation dans lequel ils annonçaient avoir pris le pouvoir afin de rétablir l’ordre. Ils était prévu qu’ils souscrivent au plan de transition, publié le 12 février au matin par El Nacional et rédigé par le département d’État US. Un nouveau gouvernement aurait été formé, conduit pas l’ancienne députée María Corina Machado.
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Le coup d’État devait placer au pouvoir María Corina Machado. Le 26 janvier, elle recevait à Caracas ses principaux complices étrangers.
María Corina Machado fut la président de Súmate, l’association qui organisa et perdit le référendum révocatoire contre Hugo Chávez Frias, en 2004, déjà avec l’argent de la National Endowment for Democracy (NED) et les services du publicitaire français Jacques Séguéla. Malgré sa défaite, elle fut reçue avec les honneurs par le président George W. Bush, dans le Bureau ovale, le 31 mai 2005. Élue représentante de l’État de Miranda en 2011, elle était soudain apparue, le 21 mars 2014 comme chef de la délégation du Panama à l’Organisation des États américains (OEA). Elle avait immédiatement été démise de ses fonctions de député pour violation des articles 149 et 191 de la Constitution.

Pour faciliter la coordination du coup, María Corina Machado organisa à Caracas, le 26 janvier, un colloque, « Pouvoir citoyen et Démocratie aujourd’hui », auquel participèrent la plupart des personnalités vénézuéliennes et étrangères impliquées.
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Pas de chance, le Renseignement militaire vénézuélien surveillait des personnalités soupçonnées d’avoir fomenté un précédent complot visant à assassiner le président Maduro. En mai dernier, le procureur de Caracas avait accusé María Corina Machado, le gouverneur Henrique Salas Römer, l’ancien diplomate Diego Arria, l’avocat Gustavo Tarre Birceño, le banquier Eligio Cedeño et l’homme d’affaire Pedro M. Burelli, mais ils récusèrent les e-mails, prétendant qu’ils avaient été falsifiés par le Renseignement militaire. Bien sûr, ils étaient tous de mèche.

En pistant ces conspirateurs, le Renseignement militaire découvrit l’« Opération Jéricho ». Dans la nuit du 11 février, les principaux leaders du complot et un agent du Mossad étaient arrêtés et la sécurité aérienne renforcée. D’autres étaient récupérés le 12. Le 20, des aveux obtenus permirent d’arrêter un complice, le maire de Caracas, Antonio Ledezma.
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Le maire de Caracas, Antonio Ledezma, était l’agent de liaison avec Israël. Il s’était rendu secrétement à Tel-Aviv, le 18 mai 2012 pour y rencontrer Benjamin Netanyahu et Avigdor Lieberman. Il représentait le chef de l’opposition vénézuélienne, Henrique Capriles Radonski.
Le président Nicolas Maduro intervenait immédiatement à la télévision pour dénoncer les conspirateurs. Tandis qu’à Washington, la porte-parole du département d’État faisait rire les journalistes qui se souvenaient du coup organisé par Obama au Honduras en 2009 —pour l’Amérique latine—, ou plus récemment de la tentative de coup en Macédoine, en janvier 2015 —pour les reste du monde—, en déclarant : « Ces accusations, comme toutes les précédentes, sont ridicules. C’est une question de politique de longue date, les États-Unis ne soutiennent pas les transitions politiques par des moyens non constitutionnels. Les transitions politiques doivent être démocratiques, constitutionnelles, pacifiques et légales. Nous avons vu à plusieurs reprises que le gouvernement vénézuélien tente de détourner l’attention de ses propres actions en accusant les États-Unis ou d’autres membres de la communauté internationale pour les événements à l’intérieur du Venezuela. Ces efforts reflètent un manque de sérieux de la part du gouvernement du Venezuela pour faire face à la grave situation à laquelle il est confronté. »

Pour les Vénézuéliens, ce coup d’État manqué pose une grave question : comment faire vivre la démocratie, si les principaux leaders de l’opposition se retrouvent en prison pour les crimes qu’ils s’apprêtaient à commettre contre la démocratie ?

Pour ceux qui pensent, à tort, que les États-Unis ont changé, qu’ils ne sont plus une puissance impérialiste et qu’ils défendent désormais la démocratie dans le monde, l’« Opération Jéricho » est un sujet de réflexion inépuisable.


Source : VoltaireNet

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