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Apr 10, 2015

Un superordinateur chinois accusé de menacer la sécurité des Etats-Unis

Selon le journal Wall Street Journal, quatre centres scientifiques chinois gérant le superordinateur Tianhe-2 figurent sur la liste US des entreprises présentant une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis ou portant préjudice aux intérêts nationaux américains.

Les autorités américaines ont bloqué le transfert de technologies d'Intel et d'autres sociétés américaines à quatre centres scientifiques chinois qui gèrent le supercalculateur Tianhe-2 (Voie lactée-2), a annoncé le quotidien Wall Street Journal.

Les quatre centres figurent sur la liste gouvernementale des entreprises présentant une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis ou portant préjudice aux intérêts nationaux américains.

Washington soupçonne la Chine d’utiliser Tianhe-2 pour simuler des explosions nucléaires. Selon un rapport du ministère américain du Commerce publié le 18 février dernier, Tienhe-2, tout comme son prédécesseur Tianhe-1A, "serait utilisé pour créer des armes nucléaires".

Les créateurs de l'ordinateur affirment pour leur part que Tianhe-2 est conçu à des fins scientifiques, notamment pour décrypter un génome humain.

Reconnu à plusieurs reprises comme l'ordinateur le plus puissant du monde, Tianhe-2 utilise deux modèles différents de microprocesseurs d'Intel. Il atteint une puissance de calcul de 33,89 pétaflops, soit 33,86 millions de milliards d'opérations à virgule flottante par seconde. La décision du gouvernement américain empêche les Chinois d'utiliser les technologies américaines pour le moderniser. Selon le porte-parole d'Intel Chuck Mulloy, Intel respecterait les lois américaines.

Les supercalculateurs servent souvent à créer des armes, mais les gouvernements interdisent rarement les exportations de technologies appropriées, ajouté le Wall Street Journal. Ces ordinateurs utilisent des composantes électroniques qu'on peut facilement acheter partout dans le monde et dont on ne peut pas bloquer la propagation.

Source : SputnikNews


Apr 7, 2015

Une nouvelle batterie moins chère et moins dangereuse qui se recharge en 1 minute

Un nouveau type de batteries à l’étude à Stanford pourrait bien révolutionner le monde de la technologie portable. Elle se charge en une minute, peut être rechargée des milliers de fois, et comporte beaucoup moins de risques que les modèles actuellement commercialisés.

Elle manque encore de capacité, mais ses concepteurs affirment que les recherches suivent leur cours.
Nous avons développé une batterie rechargeable en aluminium. Elle pourrait remplacer les dispositifs de stockage existants comme les piles alcalines, qui sont dangereuses pour l’environnement, et les batteries au lithium-ion, qui peuvent parfois exploser.
Hongjie Dai, professeur de chimie à Stanford
L’équipe de Dai a présenté le résultat de ses travaux le 6 avril dans l’édition en ligne du journal Nature. Un article intitulé « Une batterie à l’aluminium-ion qui se recharge ultra rapidement ». Leur prototype est constitué d’une anode en aluminium et d’une cathode en graphite, emballées dans une poche flexible de polymère contenant un liquide ionique électrolyte.

« L’électrolyte est en fait un sel liquide à température ambiante, c’est donc absolument sans danger », explique Ming Gong, étudiant diplômé de Stanford et co-auteur principal de l’article dans Nature.
Voici ce qui se produit lorsque vous percez la batterie de votre téléphone portable avec un couteau
SciencePorn
La sécurité, c’est l’argument de vente massue de ce prototype de chez Stanford. Une vidéo publiée par l’équipe de Dai les montre en train de percer la poche en polymère tandis que la batterie continue à fonctionner. En revanche, si vous faites pareil avec une batterie au lithium-ion telle que celles qu’on trouve dans la plupart des dispositifs électroniques vendus dans le commerce, celle-ci peut prendre feu et exploser lorsqu’elle est endommagée.
Vous pouvez percer votre batterie en aluminium, elle continuera de fonctionner pendant quelques instants, sans prendre feu.
Hongjie Dai
Une équipe de chercheurs de #Stanford met au point une batterie #al-ion stable pendant des milliers de cycles d’utilisation.
Mike Millikin
Et Dai d’ajouter que les temps de charge de ce prototype sont « d’une instantanéité sans précédent », puisque ces batteries se chargent en une seule minute. Par ailleurs, ce nouveau type de batterie a effectué 7 500 cycles de chargement sans perdre de capacité, tandis que les batteries habituelles au lithium-ion perdent en efficacité au-delà de 1 000 recharges.
C’est la première fois qu’une batterie à l’aluminium-ion est stable sur plusieurs milliers de cycles.
Magazine Nature
Un autre aspect intéressant de ce prototype, c’est qu’il peut être plié ou tordu sans danger, ce qui le rend idéal pour des dispositifs portables et qui permet de l’entreposer dans des endroits aux formes irrégulières. L’aluminium est par ailleurs moins cher que le lithium. Dans l’ensemble, cette batterie est donc plus écodurable que celles au lithium-ion.

« Notre batterie possède toutes les caractéristiques dont on peut rêver: électrodes peu coûteuses, sécurité, temps de charge extrêmement court, flexibilité et durée de vie », explique Dai. Le seul problème, c’est qu’elle ne produit que la moitié du voltage d’une batterie au lithium équivalente.

Mais Dai ne se décourage pas : « Améliorer le matériau de la cathode pourrait augmenter le voltage et la densité d’énergie. Je considère que cette batterie fait ses premiers pas, mais qu’elle représente l’avenir. Je suis très enthousiaste ».

Source : QuenelPLUS


Apr 6, 2015

États Unis: Des chercheurs produisent de l'hydrogène bon marché, carburant propre

Des scientifiques américains ont produit de l'hydrogène par un procédé expérimental qui pourrait permettre de fortement diminuer le temps et les coûts de production de ce carburant potentiellement prometteur pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, a-t-on appris lundi.

Cette avancée, publiée dans les Comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS), pourrait contribuer à accélérer l'arrivée à grande échelle de véhicules fonctionnant à l'hydrogène, plus économiques et ne produisant pas de dioxyde de carbone (CO2), selon des experts.

Actuellement, l'un des plus grands obstacles à la production à grande échelle d'hydrogène est son coût élevé, car produit à partir du gaz naturel. Sa distribution pour les utilisateurs de véhicules dotés de piles à combustible constitue un autre défi.

Les chercheurs de l'Institut de Technologie de Virginie (Virginia Tech) ont élaboré un processus biologique qui utilise des enzymes permettant de produire de l'hydrogène rapidement avec de hauts rendements à partir du glucose et du xylose, des sucres que l'on trouve en abondance dans les tiges, les épis et les cosses de maïs.

Pour obtenir ces sucres, les auteurs utilisent un cocktail d'enzymes commerciaux.

Grâce à un modèle informatique ils ont pu déterminer les enzymes --molécule permettant d'accélérer jusqu'à des millions de fois les réactions chimiques du métabolisme-- celles qui permettaient d'obtenir le plus d'hydrogène à partir de cette biomasse.

Ce qui a permis de tripler le taux de production d'hydrogène comparativement aux taux obtenus en utilisant des concentrations standard, selon les chercheurs.

"Cela signifie que nous avons fait la démonstration de l'étape la plus importante vers une économie fondée sur l'hydrogène à savoir produire et distribuer de l'hydrogène verte pas chère provenant de la biomasse locale", estime Percival Zhang, professeur au département ingénierie des systèmes biologiques de Virginia Tech.

L'équipe de chercheurs a indiqué avoir déjà reçu un montant significatif de fonds pour financer la production à échelle industrielle.

"Bien qu'il soit difficile à ce stade de prédire le coût de production à grande échelle, cette nouvelle technique représente une approche révolutionnaire qui offre de nombreux avantages", explique Lonnie Ingram, directeur du centre des carburants renouvelables à l'Université de Floride, qui n'a pas participé à ces travaux.

A la différence des autres méthodes de production qui dépendent du haut degré de transformation des sucres, les chercheurs de Virginia Tech utilisent les déchets de la biomasse.

Cela réduit les coûts de production et permet d'utiliser une source qui est largement disponible à proximité de l'unité de production.

Ce projet a été financé en partie par Shell dans le cadre de l'initiative "GameChanger" ("changer la donne") et la Fondation Nationale américaine des Sciences.

Source: AFP


Apr 5, 2015

L'accélérateur de particules du CERN redémarre après deux ans d'arrêt

Les scientifiques du Cern ont annoncé dimanche avoir procédé au redémarrage du LHC, le plus grand accélérateur de particules du monde, situé à la frontière franco-suisse. Il était à l'arrête depuis deux ans pour travaux.

Le plus grand et plus puissant accélérateur de particules du monde, le LHC, a redémarré dimanche 5 avril, a annoncé le Cern, l'organisation européenne pour la recherche nucléaire. L’installation, qui comprend un tunnel en forme d'anneau de 27 kilomètres, était arrêtée depuis deux ans pour une révision et une adaptation.

Son redémarrage provoque une grande excitation au sein de la communauté scientifique. Un live blog a détaillé minute par minute sur Internet le déroulé des opérations dans le complexe situé à la frontière franco-suisse.
Percer les mystères de l’univers
Le grand collisionneur de hadrons (LHC) a déjà permis, lors de sa première phase d'exploitation, de confirmer l'existence du boson de Higgs, considéré par les physiciens comme la clef de voûte de la structure fondamentale de la matière, la particule élémentaire qui donne leur masse à nombre d'autres, selon la théorie dite du "Modèle standard". Les chercheurs espèrent percer d'autres mystères de l'univers lors de la deuxième phase d'exploitation du LHC.

Jeudi, le CERN indiquait dans un communiqué que l'accélérateur était prêt pour accueillir à nouveau des faisceaux de particules. Les équipes procédaient alors aux derniers tests après avoir résolu le 31 mars un problème qui retardait la remise en route de l'accélérateur. "Nous sommes confiants de pouvoir redémarrer durant le week-end car tous les tests sont pour l'instant concluants", indiquait Frédérick Bordry, directeur des accélérateurs et de la technologie du Cern.

Lorsque le LHC et l'ensemble de la chaîne des accélérateurs sont en fonctionnement, les opérateurs se relaient jour et nuit dans le centre de contrôle. Ils tenteront de faire circuler des faisceaux de protons dans le LHC dans les deux sens dès que tous les voyants seront au vert. Les premières collisions de particules à une énergie de 13 TeV (téra-électrons-volts) n'interviendront qu'à partir du mois de juin.

Source : France24


Mar 30, 2015

Un squelette géant a été découvert en Bulgarie

Un squelette géant a été trouvé plus tôt ce mois-ci, enterré près des ruines de l’ancienne muraille de la ville de Odessus. On estime que l’humain géant vécut et mourut au cours du 5ème siècle après JC.

Valeri Yotov, un membre de l’équipe des fouilles archéologiques a été cité en déclarant que la taille des os était «impressionnante», mais a refusé de fournir des détails précis.« Comme nous avons commencé à découvrir l’ancien mur de la forteresse, nous nous posons beaucoup de questions, et, bien sûr, nous avons dû continuer à creuser pour atteindre les fondations du mur. Voilà comment nous sommes tombés sur le squelette », at-il dit.

En attendant d’obtenir de plus amples détails, nous ne pouvons que spéculer à son sujet. Si le squelette possède effectivement des proportions gigantesques, il constituerait alors une avancée archéologique majeure et ce serait encore mieux si cette découverte ne se retrouvait pas poussée d’un coup de balais sous le tapis.

Source : AlterInfo

Mar 22, 2015

L'humanité à l'aube d'une inversion polaire?

L'humanité n'a pas connu d'inversion polaire depuis... 780 000 ans! Aujourd'hui, les prémisses de ce cataclysme se font déjà sentir.

Pour mieux comprendre en quoi le champ magnétique terrestre et ses pôles sont si importants, il faut regarder vers Mars, ses déserts de sable, ses paysages éteints et ses fortes radiations: si la Planète rouge est aujourd'hui dans un tel état, c'est justement parce qu'elle a perdu son champ magnétique. Celui de la Terre est encore solide, mais pour combien de temps? A ce rythme-là, les scientifiques prévoient qu'il pourrait disparaître dans quelques milliers d'années.

Aujourd'hui, on est encore loin de la catastrophe. Et le champ magnétique de la Terre est encore là pour longtemps. Mais un autre phénomène pourrait toutefois bouleverser les équilibres naturels sur notre planète: une inversion polaire — ce moment où les pôles Nord et Sud échangent leur place…

Vladimir Pavlov, de l'Institut de physique de la Terre affilié à l'Académie des sciences de Russie explique:

"La science a pu déterminer que la Terre avait déjà connu des centaines d'inversions polaires, et que le phénomène n'avait aucune périodicité claire. Notre planète a connu des périodes de stabilité de 20, 40 et même 70 millions d'années, mais parfois les pôles s'inversaient en l'espace de 30-40 ans. Toutefois, depuis plusieurs millions d'années, on constate ce genre de phénomène en moyenne tous les 200 à 250 000 ans. La dernière inversion, par contre, s'est produite il y a près de 780 000 ans."

Au regard de la fréquence observée auparavant, ce retard pourrait être alarmant. Et si le changement de pôles devait se produire sous peu? Pourquoi les scientifiques ne tirent-ils pas la sonnette d'alarme?

Selon Vladimir Pavlov, personne ne peut formuler aujourd'hui de pronostic exact car le comportement des pôles est difficile à prévoir. Et même si l'on constate certaines tendances ces derniers temps, l'immense expérience du passé ne permet pas de tirer de conclusions à long terme. En clair: il est impossible de dire si l'inversion va se produire prochainement.

Mais quelles sont ces tendances inquiétantes? On sait notamment que durant les périodes d'inversion, l'intensité du champ magnétique terrestre diminuait fortement, chutant 8 à 10 fois en-dessous de la norme. Notre bouclier magnétique perd justement de sa force depuis plusieurs centaines d'années.

"La vitesse de déplacement des pôles magnétiques a augmenté. Bien que la durée des observations soit courte, il est difficile de déterminer s'il s'agit d'une tendance ou de changements séculaires. Mais une chose est sûre: au cours des dernières décennies la vitesse de déplacement des pôles a considérablement augmenté par rapport aux cent dernières années. Par conséquent, on peut affirmer que des restructurations se produisent actuellement dans les profondeurs de la planète."

Une autre donnée inquiétante est transmise par les satellites, qui permettent d'évaluer les modifications géométriques du champ magnétique. De nouveau, on constate aujourd'hui les mêmes tendances que celles obtenues par les chercheurs grâce à leurs simulations informatiques des situations d'inversions polaires.

D'autres scientifiques, au contraire, ne pensent pas que nos pôles vont s'inverser prochainement. Ils précisent qu'au cours des dernières décennies, les changements d'intensité du champ magnétique ont connu des variations positives et négatives de plusieurs dizaines de pour cent.

Aujourd'hui, la science ne dispose pas d'informations suffisantes pour prédire comment se déroulera la prochaine inversion. Le passage d'un état à un autre (inversion) peut être aléatoire, c'est-à-dire ne pas avoir pour origine de cause concrète comme la chute d'une grande météorite.

Les détails de ces processus ne sont pas encore suffisamment étudiés, c'est pourquoi il est difficile de pronostiquer la date des inversions. Une chose est certaine: rien de grave ne se produira à court terme car l'inversion des pôles dure plusieurs milliers d'années.

A quoi doivent s'attendre nos descendants? Vont-ils subir une inversion des pôles et les catastrophes planétaires qui s'ensuivraient? Les scientifiques soulignent que la Terre a traversé de nombreuses inversions, mais que cela n'avait entraîné aucune conséquence catastrophique notable pour la planète. Et aucune extinction massive laissant une trace dans l'histoire ne s'est produite dans la biosphère.

Bien évidemment, la situation est différente aujourd'hui. Après tout, l'homme a créé une puissante technosphère très sensible aux divers cataclysmes naturels. C'est pourquoi en cas d'inversion polaire les systèmes électriques pourraient s'effondrer — avec toutes les conséquences que cela implique pour de nombreux systèmes techniques. De plus, l'affaiblissement du bouclier magnétique qui protège la planète des radiations solaires pourrait sérieusement affecter l'humanité. Sans pour autant provoquer une extinction massive. D'ici là, la science élaborera des méthodes de défense efficaces.

Source : SputnikNews

Feb 28, 2015

Hydro-Québec à l'Aquitaine, bientôt leader mondial des batteries du futur ?


Le géant canadien de l'énergie, Hydro-Québec, vient d'annoncer l'ouverture d'une filiale à Lacq (Pyrénées-Atlantiques), en partenariat avec la Région Aquitaine. Objectif : créer sur place toute la chaîne de production des batteries du futur. Des batteries révolutionnaires, capables de stocker dix fois plus d'énergie que les lithium-ion.
C'est un projet ambitieux qui prend forme. Hydro-Québec, premier producteur d'électricité du Canada, contrôlé par l'État du Québec, vient de créer SCE France, une filiale spécialisée dans la recherche et le transfert de technologie en matière d'électrification des transports et de stockage d'énergie. C'est la première étape pour produire ici, à Lacq, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), les «batteries du futur».

Chose rare, la Région Aquitaine est copilote de ce vaste projet. Elle a d'ores et déjà contribué à ce transfert de technologie d'Hydro-Québec en apportant une aide de 5,5 millions d'euros, avec la contribution de fonds européens, pour financer un laboratoire de recherche appliquée et d'industrialisation de ces batteries du futur. Des batteries à base de lithium-fer-phosphate (LFP) et utilisant des nanoparticules, qui ne semblent avoir que des avantages.

5oo km d'autonomie pour une voiture

« Ce sont les batteries les plus sûres au monde. De plus, nous disposons des matériaux en abondance et à faible coût. Et, elles ont une capacité de stockage d'énergie dix fois supérieure aux batteries lithium-ion», met en avant Karim Zaghib, directeur du stockage et de la conversion d'énergie à l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ) et directeur de SCE France.
En effet, les performances sont impressionnantes. Ces batteries peuvent supporter 30.000 cycles de rechargements, contre 1.000 pour des batteries lithium-ion. Et, leur durée de vie est de dix ans, au minimum, alors que celle des batteries lithium-ion ne dépasse pas trois ans. Avec cette technologie, d'ici à cinq ans, une voiture électrique pourrait rouler 500 km en totale autonomie. Et, contrairement à la batterie du constructeur américain de voitures électriques, Tesla, celle-ci fait la taille d'une feuille A4...

Aujourd'hui, Hydro-Québec est la seule entreprise au monde à même de maîtriser l'ensemble de la chaîne de production de ces batteries.
« Le prototype, sur lequel nous travaillons depuis trois ans, fonctionne très bien», assure Karim Zaghib.
Tout l'enjeu est désormais d'industrialiser cette technologie de rupture à un coût compétitif. Un vrai pari, à l'heure où le savoir-faire technologique sur les batteries est concentré en Asie.

Renault, par exemple, achète les batteries de ses voitures électriques à LG. Pour réussir à industrialiser cette technologie de rupture, des chercheurs de l'université de Bordeaux et de Pau, ainsi que le laboratoire d'Arkema à Lacq et d'une université du Japon, vont travailler main dans la main. Le point névralgique, c'est l'industrialisation de la fabrication des cellules des batteries.
« L'objectif est de produire cinq millions de cellules de batteries par mois, ce qui va diviser leur prix par trois ou cinq», explique Denis Lagourgue, en charge de l'industrialisation des batteries à base de lithium-fer-phosphate.
Président de la société Aquitaine Energy Factories, la société commune à Hydro-Québec et au Conseil régional d'Aquitaine, c'est cet ingénieur franco-canadien, spécialiste du stockage de l'énergie qui a rapproché la Région et Hydro-Québec, avec qui il travaille depuis plusieurs années.
« Pour réussir l'industrialisation de la fabrication des cellules, nous sommes en discussions avancées avec un grand industriel japonais, qui pourrait devenir notre partenaire», dévoile Thibaut Richebois, directeur général adjoint du développement économique et de l'emploi à la Région Aquitaine.

Les Français ont gagné, face aux Chinois...

À première vue, le choix de Lacq, à trente kilomètres de Pau, dans le Béarn, pour implanter ce vaste projet, peut surprendre. Mais, Hydro-Québec n'avait pas vraiment envie de s'installer en Asie, malgré des offres particulièrement alléchantes financièrement. La raison est simple : elle redoutait de se faire «piller» sa technologie. Et, à Lacq, il y a un vrai savoir-faire dans la chimie et une culture industrielle, liée à l'exploitation du bassin gazier par Elf, puis Total de 1957 à fin 2013. Un gaz, fortement chargé en hydrogène sulfuré.

Autre atout non négligeable, c'est un site Seveso 2, qui dispose de nombreux terrains disponibles depuis l'arrêt de l'exploitation commerciale du gaz par Total. Quatrevingts hectares de réserve foncière ont déjà été réservés pour produire ces batteries du futur.

Et, « sur place, il y a aussi une présence très forte du chimiste Arkema et de Toray, un grand groupe japonais, spécialiste de la fibre de carbone», souligne Karim Zaghib, qui a fait ses études en France, à l'Institut polytechnique de Grenoble. De plus, Chemparc - un groupement d'intérêt public - apporte son expérience pour accompagner l'installation de cette future usine géante de batteries sur ce territoire.
« Nous avons des modules pré-équipés pour des start-up, qui correspondent parfaitement aux premiers besoins des laboratoires de recherche», indique Patrice Bernos, directeur général de Chemparc.

545 millions d'euros investis à Lacq en 6 ans

Le calendrier des opérations est fixé : préparation de l'usine cette année, premiers bâtiments construits en 2016 et lancement de la production l'année suivante. Au total, 545 millions d'euros devraient être investis à Lacq en six ans pour couvrir l'ensemble de la chaîne de fabrication de ces batteries du futur, de la poudre jusqu'au système de stockage. Une somme importante à réunir, mais chacun semble optimiste.

L'arrivée d'un partenaire industriel japonais de premier plan - à confirmer dans les prochaines semaines - devrait consolider définitivement le projet. À la clé, pas moins de 600 emplois directs. Il faut dire que les domaines d'applications sont nombreux : dans les transports (voitures, trains, bus, avions, marine...), la défense ou encore les appareils connectés. Un marché en plein essor, avec l'émergence des villes intelligentes.

Alain Rousset, le président PS du Conseil régional d'Aquitaine, rêve que sa région devienne « leader à l'échelle internationale dans la fabrication de batteries haute performance».

Il faut dire que son partenaire public, HydroQuébec, a les reins solides. C'est un géant du secteur. La société qui emploie 20243 salariés, a réalisé 8,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2013. C'est l'un des premiers producteurs mondiaux d'hydroélectricité. L'entreprise publique investit chaque année plus de 100 millions de dollars dans la recherche, en particulier dans la recherche sur le stockage d'énergie et le développement de matériaux performants pour les batteries.
« Nous avons pour habitude de nous inscrire dans la durée. Et, c'est tout le sens de ce partenariat public-public», rappelle Karim Zaghib.
« Si nous réussissons, nous aurons franchi une nouvelle étape de la vie du bassin gazier de Lacq, en passant de la reconversion à la production», lance, plein d'espoir, Alain Rousset. « C'est une opportunité qui ne se présentera pas deux fois pour Lacq, voire pour l'Europe», met en exergue Thibaut Richebois.
 
 
 Source : Latribune

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